accompagnement

  • Parfois au delà du silence

     

     

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    @Lara

     

    Parfois dur de prononcer un mot

    quand un être que l'on accompagne demande d'en finir ,

    d'arrêter de lui mentir , de se mentir

    On trouve qu'il est toujours trop tôt

    On sait poutant au fond de soi

    que tout n'est qu'espérance

    même s'il ne restait qu'une infime chance

    Attendre encore un instant.

    Redire les même mots

    la vie est un merveilleux cadeau

    mais accepter sa fin ?

     Là , quand tous les mots semblent vains ,

    alors on tend juste une main.

     

     

    §§§§§§§§

     

     

     

    Certaines situations ne sont pas toujours évidentes pour les patients et leur famille mais parfois également aussi  pour le soignant .

     L'accompagnement n'est pas toujours facile.

    " Face  à la mort , se tenant près du mourant , les soignants sont en souffrance."

    ( E.Goldenberg )

    Etre en quelque sorte, les survivants de deuils multiples et ce depuis de nombreuses années.

    Il n'existe pas de recette miracle pour rester un soignant " humain" , cela nécessite tout un travail qui s'acquiert petit à petit ;

    - Savoir prendre soin de soi pour mieux prendre soi de l'autre.

    Vivre tout simplement quand se referment les portes du service , avoir ses passions en dehors....

    -  pouvoir se situer face à la mort.

    - Accepter sa propre vulnérabilité et mettre des limites à son investissement personnel.

    - Partager avec ses collègues , pouvoir mettre des mots sur les émotions.

    Cela ne fera pas disparaitre la souffrance que l'on peut parfois éprouver au quotidien mais c'est  la partager et peut-être de la rendre plus supportable........

     

     

     

     

  • Un soir

    vie,blog,accompagnement,temps,santé

    elle a fermé les yeux ,

     ne laissant sur son visage

    plus aucune trace de souffrance ,

    juste un grand vide sans son sillage ,

    Sa mère nous contant des souvenirs de son enfance...

    elle a fermé les yeux sans lui dire même adieu.

    Nous n'avons pas pû lui faire cadeau de plus  temps ,

    quand elle était rongée par les angoisses de la nuit ,

    Quand elle voulait parler plus longuement ,

    Quand elle sentait que gagnait la maladie...

    Toujours de passage ,

    Pressées par les besoins pressant des patients impatients

    qui ne se doutent en rien que dans la chambre du voisin

    un autre drame se présage...

    Savoir si possible tourner la page ;

    ne plus compter les personnes que l'on a accompagné lors du dernier voyage.

    Se dire que l'on a fait pour le mieux

    mais voilà parfois on s'en veut toujours un peu ...

    Autre porte , autre histoire

    Offrir un sourire peut sembler parfois si dérisoire

    Mais à défaut de temps ,

    c'est déjà un petit présent.

     

     

  • le bout du chemin

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    Parfois cela se passe assez paisiblement , simplement ,

    Des mains qui se serrent jusqu'au dernier instant.

    Les mots  sont devenus  futiles ,

    Le silence parfois plus utile.

    On fait un signe négatif de la tête ,

    à la famille toujours inquiète.

    il ne souffre pas , le traitement est adéquat .

    il s'endort doucement ; perdu , fini le combat.

    Un peu de thé , de café mais surtout beaucoup d'intimité.

    On ne fait que passer ...

    Mais au besoin comme chaque fois

    on essaye d'être simplement là.

     

     

     

  • Le dernier choix.

    sp

     

    Il l'avait déjà annoncé  à son épouse et au médecin lorsqu'il avait appris que sa maladie aurait une issue fatale. Il ne voulait en aucun cas  de l'acharnement et que l'on stoppe tout s'il devait perdre ses facultés qui l'empêcherait de prendre cette décision . Quand les derniers moments sont arrivés , le patient a reçu les antalgiques dont il avait besoin et il est parti , accompagné de ses proches , avec une certaine sérénité ; ses choix avaient été respectés. Pour nous aussi , c'est plus facile d'accompagner nos patients quand les choses sont claires dans toutes les têtes que ce soit celle du médecin , du patient et surtout de sa famille .

    Mais voilà , les faits ne se déroulent pas toujours ainsi ...

    Parfois , le patient arrivé au dernier stade n'est plus capable de prendre quelques décisions que ce soit. On voit parfois apparaitre des discussions familiales houleuses quand à savoir quel aurait été le choix de la personne . Laisser partir ou continuer à se battre.

    Quel choix ?

    On entend parler d'acharnement thérapeutique ; pourquoi continuer ces traitements si en fin de compte , il n'y a aucun espoir .

    Euthanasie , un autre mot qui fait aussi peur et dont les avis de chacun sont partagés.

    Les soins palliatifs en milieu médical ou au domicile de la personne visent avec l'aide de la famille et d'une équipe para-médicale et médicale à accompagner le patient en fin de vie que ce soit dans ses besoins physiques , psychologiques ou encore spirituels. Accompagner humainement tout simplement.

    A l'höpital , nous accompagnons et nous sommes  surtout à l'écoute....

    Et ce n'est pas toujours facile de partager ces derniers moments car nous manquons de temps et nous ne sommes pas toujours aussi disponibles que le voudrions .

     Ps : Parfois en pleine nuit  , quand je retrouve un patient en stade terminal parti seul , il y a toujours un peu de culpabilité en moi ....la réalité est là, seule la nuit , on ne peut  pas être au chevet de chacun en même temps.

     

     

     

     

  • Un peu intruse

    C'était pour cette nuit là , elle le sentait bien . Les enfants étaient revenus dans l'après midi et elle les avait serrer si fort dans ses bras en leur répetant qu'elle avait une chance folle de les avoir  ! Elle avait eu cet après midi là un sentiment de bien-être comme cela ne lui était plus arrivé depuis de long mois . Sa maladie ne lui laissait que peu de répis ; toutes les trois semaines une cure de chimio qui la laissait comme une loque et  à peine le temps de récupérer  que la suivante pointe déjà le bout de son nez .Le crabe avait gagné et s'était installé un peu partout , lui donnant des douleurs de plus en plus insupportable .

    Elle était rentré dans ce couloir un soir du mois d'août et ne quittait plus sa chambre du tout ! Elle avait été install e dans son lit , le soir elle me prit une main et me dit simplement "merci à tous et toutes d'avoir été là" ...

    Son époux  était inquiet , elle tentait veinement de le rassurer mais après 45 années de vie commune , il la connaisait si bien  ! Il prit un fauteuil et lui tint la main toute la nuit ! Je passait aussi régulièrement que possible mais je voyais comme lui que sa respiration se faisait de plus en plus difficile ! Le médecin avait laissé entrevoir 48h...

    Il posait simplement la question de savoir si elle ne souffrait pas...Je le rassurait tant bien que mal .

    Je lui proposais de rester un moment avec lui et il me raconta un bout de leur vie , sa force de caractère , ses petits bonheurs , ses joies....Cela lui faisait du bien de se rémémorer ces moments-là mais je sentais bien que cela lui faisait atrocement mal aussi ....

    Certains signes ne trompaient pas ; sa respiration changeait . Je lui demandais s'il souhaitait que l'on rappelle ses filles ; il me fit un petit signe de la tête .

    Je me suis éclipsée dès leur arrivée...

    Elle est partie dans l'heure entourée des siens , délivrée après avoir lutté 15 mois  !

    Une histoire comme tant d'autres ici...

    Vous croyez qu'à la longue on s' endurcit ...

    En apparence toujours ...